Réunion Snesup-FSU AMU / 22 octobre 2018

Salle de colloque 1, Site Schuman

en présence d’Hervé Christofol, secrétaire général du Snesup-FSU et Anne Roger, secrétaire nationale.

CR22Oct2018

Retrouvez le powerpoint de l’intervention d’Hervé Christofol.

Retrouvez l'intégralité du CR en PDF.

CR Reunion 22 octobre 2018

 

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Rappel sur l'élection professionnelle du 6 décembre 2018

Prévoyez d’être présent sur le site votre bureau de vote à cette date pour

voter !

- Vote à l’urne exclusivement, dans le bureau de vote qui vous est affecté, de 9h à 17h

(sauf CAPA et CAPN, vote électronique)

- Vote par correspondance seulement en cas d’ordre de mission ou de congé, sur

demande faite à l’AMU avant le 22 novembre.

Rappel : le site dédié par AMU aux élections professionnelles, où les onglets

pratiques seront activés le 6 novembre : https://electionsprofessionnelles.univ-amu.fr/

 

Les élections professionnelles sont un enjeu clé à ne pas manquer, car de la réussite de la

FSU à ces élections dépendent la reconnaissance de notre représentativité en tant que

syndicats, et l’importance de nos moyens syndicaux.

Il faut que chaque syndiqué FSU vote et fasse voter un sympathisant.

Hervé Christofol rappelle à ce sujet que chacun de nous reçoit à cette occasion deux

exemplaires du mensuel, l’un d’eux se destinant à un sympathisant.

Hervé Christofol revient alors sur divers problèmes qui pèsent sur la rentrée, certains,

récurrents, s’aggravant ; d’autres inédits :

(sur les conditions de travail et le budget de l’ESR, voir notamment la dernière lettre flash,

« Revaloriser la mission de formation nécessite un autre budget ! » :

http://www.snesup.fr/sites/default/files/fichier/lettre-flash_ndeg44-181023.pdf)

 

  • SALAIRES

 

Nous avons perdu un mois de salaire depuis 2010. Le gel du point d’indice – malgré un dégel

de 0,6%, à deux reprises, sous le gouvernement précédent – se fait sentir de manière de plus

en plus forte, et le gouvernement Macron n’entend pas poursuivre dans la voie du dégel : ça ne

s’est pas fait en 2018 et ce n’est pas programmé pour 2019.

Hervé Christofol rappelle que les syndicats, en particulier la FSU, jouent un rôle majeur pour

limiter la perte. Ainsi, ce sont eux qui se battent pour préserver autant que faire se peut les

garanties individuelles du pouvoir d’achat, qui sont négociées chaque années : ainsi,

lorsqu’un salaire bloqué au même échelon plus de quatre ans est réévalué en suivant le cours

de l’inflation, ce n’est pas automatique, c’est le fruit d’une bataille annuelle des syndicats.

Nous ne devons pas perdre de vue cette revendication salariale primordiale.

Les heures complémentaires peuvent paraître de prime abord une compensation possible à la

perte de salaire. Pourtant, il faut se rappeler qu’à 40 euros de l’heure, notre travail est payé à

40% de l’heure titulaire et représente une rétribution au Smic (1 heure de TD correspondant à

4 heures de travail estimées) : nous devons nous battre contre ces heures sup et exiger un plan

pluriannuel de recrutement et une augmentation de nos salaires.

 

On peut en dire autant des primes, PEDR et bientôt primes pédagogiques (déjà mises en place

dans notre établissement et appelées de ses voeux par F. Vidal) : par un raisonnement contre

intuitif, la prime peut paraître une bonne solution pour augmenter les salaires et récompenser

ceux qui travaillent mieux que d’autres. Mais qu’est-ce réellement que travailler mieux ? (cf.

Évelyne Bechtold-Rognon, Pourquoi joindre l’inutile au désagréable. En finir avec le

nouveau management public, Les éditions de l’Atelier, Institut de la FSU, 2018 : le système

des primes au mérite désagrège un système qui fonctionne sous prétexte de « dénoncer »

quelques rares moutons noirs, et répond en fait à l’introduction insidieuse dans l’ESR du

« New Public Managment », adossé à l’essor d’un individualisme concurrentiel). En vérité,

les primes au mérite récompensent une petite partie des personnels et provoquent un effet de

stigmatisation plutôt que d’entraînement. Rappelons-nous plutôt que nous touchons la plus

basse prime des fonctionnaires d’État !! C’est elle, et nos salaires, qu’il faut aujourd’hui

augmenter pour tous.

 

  • EMPLOIS

Le taux des statutaires dans l’ESR ne cesse de baisser de façon dramatique. Il y a eu 180

postes entre 2012 et 2016 selon le bilan social du ministère mais ils sont en réalité près de

20000. Les conditions de la rentrée universitaire montrent bien qu’en la matière, nous

atteignons nos limites.

L’ESR présente le plus haut taux de contractuels de la fonction publique : 35% chez les

chercheurs/EC, 40% chez les BIATTS. Et le plan Sauvadet n’est pas ouvert pour les

enseignants.

À l’heure actuelle, nous fonctionnons grâce à 130 000 vacataires à 40 euros de l’heure. Au

tarif de l’heure de cours, on est à 10 euros de l’heure travaillée : le smic.

La FSU revendique 6000 créations d’emplois par an. Il faut absolument augmenter le taux

d’encadrement à l’université, bien plus faible que dans les grandes écoles.

C’est possible en réduisant le CIR (crédit d’impôt recherche) donné de manière très laxiste

aux très grandes entreprises : si on faisait glisser 10% par an de ce CIR on pourrait, à budget

comparable, créer les postes demandés.

 

  • CONDITIONS DE TRAVAIL

Elles empirent, pour toutes les catégories de personnels. Les enquêtes aujourd’hui ont

démontré par exemple que les trois quarts des EC travaillent le soir, le week-end et pendant

les congés. Nos missions augmentent (nous devons nous occuper de l’insertion

professionnelles des étudiants, des transferts de résultats de la recherche vers le monde socio

économique, faire face à la hausse du nombre global d’étudiants) sans que les services

demandés soient rééquilibrés. Simultanément, on assiste à l’essor de la dimension quantitative

de l’évaluation et au dénigrement constant de nos statuts.

Parmi les revendications du Snesup :

- Le nombre d’heures d’enseignement annuelles abaissé à 125 h / an pour les EC et

250 h/an pour les enseignants.

- Une vraie campagne de recrutements et de titularisations.

Nous devons dénoncer l’idéologie qui sous-tend le dénigrement de nos statuts et la difficulté

croissante de nos conditions travail, justifiés par le « NEW PUBLIC MANAGEMENT », qui

débute vraiment sous Sarkozy et n’a cessé de se renforcer jusqu’à aujourd’hui.

Le statut de fonctionnaires en particulier est dénigré, au prétexte qu’il ne nous pousserait pas à

innover : ce serait la pression du management qui nous pousserait à innover.

En vérité, elle pousse à la mise en concurrence, au burn out, et au gaspillage des heures dans

les tâches bureaucratiques.

Le temps consacré aux appels à projets est sidérant. Ainsi, auprès de l’ANR, sur 6000 projets

déposés 1000 ont été retenus. Si l’on suppose qu’un projet prend une semaine de rédaction (et

nous savons tous que nous sommes loin du compte), cela représente 270 années chercheurs

gaspillées en appels à projets éconduits. C’est plus que le nombre de postes (250) qui seront

mis au concours CNRS en 2019 !

Le sur-travail s’associe à l’angoisse et à l’auto-censure des évaluations croissantes. Des

situations de harcèlement se mettent en place malgré l’absence de relations hiérarchiques à

l’université, réalité dont de plus en plus de collègues ne semblent plus avoir conscience (qu’ils

exercent ou subissent un pouvoir indu). S’ensuivent le burn out et d’autres formes de

souffrances au travail, des 'placardisations', des pertes de sens…

Un tel état des lieux rend encore plus cruciale la défense des CHSCT, actuellement menacés.

 

  • ACTUALITÉS

 

LES ORDONNANCES permettant les expérimentations législatives en cas de fusion.

(sur ces ordonnances, voir la lettre flash 43, octobre 2018 : « Projet d’ordonnance sur les

regroupements. NOUS NE SOMMES PAS DES SOURIS BLANCHES ! Ou comment  démanteler le service public de l’ESR ;)

Le risque peut paraître minime à AMU, qui a déjà fusionné. Pourtant, les dérogations aux

statuts de l’ESR acceptées par les universités qui fusionnent sont autant de risques réels et

graves pour l’évolution de nos statuts (cf. des CA où les non usagers de l’université seront

minoritaires, où les Présidents, pas forcément universitaires, seront reconductibles à vie, où

des postes de non titulaires seront privilégiés, y compris « d’excellence » etc…).

On doit aussi dénoncer le fait que les IDEX assèchent tout ce qui est hors périmètre.

 

PARCOURSUP / LOI ORE. Dans beaucoup d’universités, ce fut juste un travail inutile. Des

parcours, faute de 'surbooking', n’ont même pas fait le plein. Le bilan doit à présent être

précisé, mais la logique de sélection est bien à l’oeuvre. Déjà on peut dénoncer l’éviction très

importante des bacs pros dans toutes les Licences. Cf. STAPS. Il faut maintenant entamer la

réflexion sur les moyens de continuer dans notre opposition.

 

RETRAITES Nous serons les premiers touchés par la réforme des retraites : s’il y a une économie à faire, c’est pour le gouvernement, d'abord chez les fonctionnaires.

On nous dit que la retraite par points sera compensée par les primes. Or si ce sont les primes

qui compensent la baisse des retraites, la fonction publique est la grande perdante. En effet les

primes représentent plus de 30% des rémunérations dans le privé, et moins de 15% dans le

public.

Une projection est éloquente : un MCF recruté à 34 ans aura moins de points, en partant à la

retraite, qu’un professeur certifié recruté à 24 ans Il faut avoir conscience que dans le

supérieur, nous serons laminés par la réforme des retraites.

Il faut faire reconnaître les années d’études et faire reconnaître les post-doctorats comme cela

se fait à l’étranger.

Il faut défendre le modèle par répartition, choix politique dans lequel ce que je cotise est

immédiatement redistribué.

 

BUDGET 2019

Certes, + 500 millions d’euros par rapport à 2018 ; mais il y a aussi 40 000 étudiants de plus

or un étudiant = 10000 euros à l’université !

Le financement de la la loi ORE va également coûter beaucoup d’argent. Comment financer

par exemple les directeurs d’études, soit 370 postes à trouver (22 millions à envisager)

À défendre au Parlement et au Sénat (voir la dernière lettre flash Snesup FSU).

L’actualité est telle que certaines réformes devraient encore être développées : la réforme de

l’ESPE, les projets d’évaluation de la pédagogie…

 

Mais il faut aussi laisser place à l’échange.

 

  • Echanges avec la salle (à retrouver sur le compte rendu papier PDF).