12 novembre 1968 - 12 novembre 2018 : ou l'autonomie des universités oubliée

 

Il y a cinquante ans, la Loi d’orientation de l’enseignement supérieur, dite « Loi Faure »,
imposait de manière décisive dans l’Université le principe de collégialité. À la date
anniversaire de cette promulgation occultée, jamais ce principe n’aura été si menacé, sous les
coups de butoir d’un « New Public Management » ressuscitant la vieille gouvernance
mandarinale sous les trait d’une gouvernance managériale dont les principes – excellence,
évaluation, mérite… – servent à revêtir du masque de l’éthique sociétale une économie de la
pénurie.

Aujourd'hui, c’est au nom du progrès que la ministre Frédérique Vidal s’attaque ouvertement, en public, à
une collégialité jugée obsolète et inefficace. La collégialité est pourtant le socle de notre
engagement professionnel. Son exercice concerne aussi bien la gestion quotidienne des
diplômes et des programmes de recherche que la stratégie des établissements et des
composantes, la gestion équitable et éthique des intérêts des institutions et des personnes, la
prise en charge des grands débats engageant la vie et l’avenir de l’ESR. Son déclin, entraînant
la soumission des individus à des pouvoirs qui leur échappent et à des injonctions dont ils
n’acceptent pas le sens, est pourtant la cause principale du malaise grandissant des personnels,
de la perte de sens qu’ils ressentent, et de la souffrance au travail qui en découle.
Le SNESUP, en saluant le cinquantenaire de la « Loi Faure », invite l’ensemble des
communautés universitaires à agir pour arrêter le train fou des réformes régressives,
ouvrir en grand le chantier d’une vraie réforme de progrès, et ressaisir collectivement
les leviers de la de la collégialité et de la démocratie universitaire.

Pour retrouver l'intégralité du communiqué du Snesup : http://www.snesup.fr/article/le-12-novembre-1968-cinquantenaire-de-la-l…