Des certifications privées d’anglais obligatoires en premier cycle : et si l’Ėtat menait plutôt une politique publique pour l’enseignement des langues ?

Les certifications privées d’anglais obligatoires en premier cycle : et si l’Ėtat menait plutôt une politique publique pour l’enseignement des langues ?

Au CNESER de novembre 2019, deux textes ont subordonné à l’obtention d’une certification d’anglais celle de la Licence, du DUT et du BTS. Un nouveau marché s’ouvre aux organismes certificateurs privés d’ALTE (Association of Language Testers in Europe).

Ce choix suppose, à l’heure où l’on promeut les parcours personnalisés de formation des étudiant.e.s, que leur unique priorité sera l’anglais, en dépit de la diversité linguistique portée au même moment par les universités européennes, et alors qu’on est revenu du « tout anglais » jusque dans les échanges économiques.

Les étudiant.e.s vont donc bachoter des tests standardisés, comme le TOIEC évaluant des compétences limitées et ne délivrant que des « scores », alors que la recherche publique produit des certifications innovantes tel le Cles, membre du réseau européen NULTE (Network of University Language Testers in Europe) et fondé sur un paradigme actionnel permettant de mesurer la capacité des étudiant.e.s à communiquer en situation réelle et produisant un continuum vertueux entre formation, évaluation et certification. L’Ėtat finance ainsi la recherche, pour transformer ses personnels en prestataires de services pour officines privées.

Leurs certifications, il faudra y préparer d’ici 2023 la totalité des étudiant.e.s. On imagine les choix budgétaires dévastateurs en LANSAD sur les campagnes d’emploi, les maquettes, la pédagogie. Certes, les étudiant.e.s pourront toujours choisir leur langue vivante. Ils devront alors préparer leur certification d’anglais en plus, et par eux-mêmes.

Comme le second degré, voilà l’enseignement supérieur subordonné à un marché des certifications : moins d’encadrement, des opérateurs privés dont les tests sont la finalité ultime, et une forte part d’autodidaxie, creusant les inégalités.

Analyses plus approfondies et textes divers :

https://drive.google.com/drive/folders/1xkJldZ6uFvsnPfaV78_jhXvAdiFHvajS?usp=sharin

Pétition d’un collectif d’enseignants :  http://chng.it/MZ7sRrC6qX